Pour toi, Anaëlle

Je suis pas poète.
Je suis pas le genre à écrire des trucs comme ça.
Mais t'as fait quelque chose à l'ordre des choses
et maintenant je sais plus faire semblant.
Anaëlle.
Même ton prénom c'est pas juste.
Trois syllabes et j'arrive plus à penser à autre chose.
Trois syllabes et j'ai l'impression que tout le reste c'est du bruit.
Tes yeux sont bleus.
Pas le bleu d'une couleur.
Le bleu d'un truc qui t'apaise sans te demander la permission.
Je sais pas comment t'expliquer ce que c'est de te revoir après un moment.
C'est un choc à chaque fois.
Un truc dans la poitrine qui dit : « ah ouais, c'est elle. »
Ah ouais, c'est vraiment elle.
Je réalise à chaque fois comme si j'avais oublié
à quel point t'es belle.
T'es belle et tu le sais pas vraiment.
C'est peut-être ça le truc.
T'es belle comme quelqu'un qui a autre chose à faire
que d'être belle.
Et moi je suis là à me dire que c'est dingue.
Que des gens comme toi ça devrait pas exister comme ça.
Que j'ai rien fait pour mériter de te connaître.
T'es douce avec tout le monde.
Avec les gens qui le méritent pas toujours.
T'écoutes vraiment.
T'oublies rien.
T'as une façon de faire attention
qui ressemble à un endroit où on a envie de rester.
Tu pleures pour des choses que les autres ont pas vues.
Tu gardes les peines trop longtemps.
Tu aimes fort et tu le montres pas.
Je sais pas si quelqu'un te l'a déjà dit
mais c'est une des choses les plus belles que j'ai vues chez quelqu'un.
Alors j'ai fait ce truc un peu fou.
J'ai pris un sous-domaine.
J'ai écrit une page.
J'ai mis ton prénom dans une adresse internet
pour que quelque part dans les serveurs du monde
il soit écrit que t'existes
et que moi ça m'a pas laissé tranquille.
Anaëlle.
Je t'aime.